Définition de l'hypnose

D'après le "Petit Robert", l'hypnose est un état voisin du sommeil, provoqué par des suggestions, des actions physiques ou mécaniques, ou par des médicaments hypnotiques.

De tout temps et sur tous les continents, des spectacles de foire aux domaines de l'expérimentation psychiatrique et des neurosciences, l'hypnose a fait parler d'elle. De plus en plus citée dans les médias comme une technique permettant d'arrêter de fumer ou de maigrir elle a longtemps été montrée d'abord comme un spectacle quasi lié à la magie où la personne se trouverait complètement soumis à son hypnotiseur. Aujourd'hui de plus en plus de thérapeutes et psychiatres y font appel comme un outil d'aide au changement comportemental. L'idée que le mental peut influencer le physique a fait son chemin et le seul exemple d'anesthésie possible sous hypnose témoigne de son efficacité et fait taire ses détracteurs.

L'hypnose est tout simplement un état de conscience modifié que chacun peut expérimenter de manière quotidienne. Rêver de manière éveillé, « être dans la lune » selon l'expression populaire, accomplir une tâche quotidienne machinalement sans n'y prêter plus aucune attention ou bien être complètement absorbé par quelque chose ou quelqu'un qui fascinent sont des états comparables à cet état de conscience modifiée.

L'hypnose est une méthode qui permet d'accéder à cet état de conscience modifié, appelé « transe » dans le jargon de l'hypnothérapie. Elle peut-être pratiquée par la personne elle-même (autohypnose) ou par le biais d'un hypnotiseur appelé hypnothérapeute à des fins thérapeutiques. La thérapie par l'hypnose permet à une personne, par l'intermédiaire de l'hypnothérapeute, d'établir une zone de dialogue entre son conscient et son inconscient, la fameuse partie cachée de l'iceberg. L'inconscient « qui en sait plus que nous croyons que nous savons », et rassemblant nos expériences, perceptions, manières de fonctionner et automatismes ainsi que notre potentiel au sens large... En accédant à ces capacités profondes l'hypnose permet d'agir sur soi- même pour créer le changement.

On distingue deux formes d'hypnose, l'hypnose traditionnelle ou classique et l'hypnose Eriksonnienne. En hypnose traditionnelle la personne subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles face à l'hypnotiseur. Pratiquée jusqu'à Freud, cette technique part du postulat suivant : si l'on suggère à un patient de guérir, il peut guérir. Les hypnotiseurs de spectacle qui s'amusent à endormir une salle entière utilisent cette méthode. L'hypnose classique est dirigiste car elle impose des ordres sous forme de suggestions directes (exemple : « dormez ») alors que l'hypnose dite Ericksonnienne utilise des suggestions indirectes ou des propositions qui donnent le choix au patient, et donc à son inconscient, de les utiliser ou non. Il est donc logique de rencontrer plus de résistances côté patient dans le cadre de l'hypnose classique car la relation de confiance est plus dure à établir. En hypnose Ericksonnienne, le thérapeute se présente comme un guide intermédiaire entre le conscient et les ressources inconscientes du patient qui fait donc une grande partie du travail lui-même. Le fondateur de cette technique d'hypnose, Milton Erickson, est également considéré comme l'un des pionniers de la thérapie brève et des techniques de communication.

L'hypnose n'est pas un moyen de contrôler le mental d'autrui. A tout moment, la personne peut choisir d'interrompre la séance si ce qui lui est proposé ne lui convient pas. Lors d'une séance d'hypnose, le patient est invité à entrer dans cet état modifié de conscience appelé également transe. Cette transe connaît plusieurs degrés, de très légère à profonde, mais le conscient de la personne est toujours présent. D'ailleurs l'hypnotiseur/hypnothérapeute doit utiliser fréquemment ce qu'on appelle un « phénomène hypnotique » (lévitation de la main, catalepsie, lourdeur, légèreté, tête qui s'incline, bras qui se soulève.) pour convaincre son patient qu'il est en train de vivre un état hypnotique. Car très souvent le patient qui se "réveille" d'une transe en garde un souvenir très précis et peut donc être persuadé qu'il ne s'est rien passé du tout puisqu'il a toujours été conscient, cette impression ne nuisant heureusement pas au travail thérapeutique.

L'hypnothérapeute part de la réalité de son patient et son but est de l'amener à prendre conscience qu'elle n'est qu'un point de vue subjectif, une interprétation. Cela va donc permettre de relativiser une réalité déplaisante, blessante, frustrante et d'aider à la transformer en une réalité beaucoup plus positive. Un pas de côté, et la vision peut changer. C'est donc avec la vision du monde, ou plutôt les visions plurielles, que l'on joue. Il peut s'agir par exemple de modifier la "réalité corporelle" pour atteindre un effet d'anesthésie ou des sensations de chaleur ou de détente mais aussi les réalités spatiale, temporelle et perceptive.

La communication entre conscient et inconscient est nécessaire pour plusieurs raisons. D'abord elle peut entraîner la compréhension de certains motifs inconscients qui entravent parfois le quotidien sans être rationnel (par exemple l'automatisme de vérifier dix fois qu'on a bien fermé sa porte à clé). Ensuite cela peut être utilisé pour accéder à des associations et/ou souvenirs auxquels la conscience n'avait plus accès, permettant de comprendre pourquoi on peut éprouver un malaise instinctif face à certaines situations sans savoir pourquoi. Car l'inconscient fonctionne par analogies, c'est la fameuse madeleine de Proust associant par exemple une odeur à un souvenir. Prendre conscience de ces liens peut aider à les défaire s'ils nuisent, notamment dans le cas de phobies, en en construisant par la même occasion de nouveaux plus favorables. C'est une manière active de changer en refusant de ne plus subir ce que notre inconscient nous impose.

On peut cependant se demander pourquoi cela n'est alors pas plus utilisé. L'hypnose pâtit sans aucun doute de la mauvaise image véhiculée par l'hypnose de spectacle alors qu'elle peut servir de technique de développement personnel et également de soin thérapeutique. D'ailleurs à l'origine, l'hypnose était pratiquée par le milieu médical psychiatrique et comme moyen d'anesthésie avant l'invention du chloroforme. Ensuite il est toujours difficile de démontrer scientifiquement l'intérêt de l'hypnose même si, grâce à l'imagerie médicale mais aussi aux capteurs de rythme cardiaque il est maintenant possible d'en montrer les effets concrets, c'est-à-dire que le cerveau ne réagit pas de la même façon en état de conscience modifié que dans état normal. Mais la majorité du milieu médical reste méfiante, à des degrés divers selon les pays. Ainsi, si vous souhaitez par exemple vous guérir d'une allergie par hypnose, aucun hypnotiseur français n'aura le droit de vous le proposer car l'hypnose comme méthode de guérison corporelle est illégale, contrairement aux Etats-Unis. Enfin on peut aussi se demander si, dans une société où les médecines « alternatives » sont souvent tournées en dérision, et le secteur pharmaceutique très puissant, il peut y avoir une place pour une thérapie brève, efficace sans médicament.

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